Ciné-son-émoi à l'ARO

Date: 
Jeudi, 19 Septembre, 2013
Enseignement: 
Communauté française - ordinaire
Nom de l'établissement: 
Athénée royal Paul Delvaux Ottignies-Louvain-la-Neuve
Commune de l'établissement: 
Ottignies-Louvain-la-Neuve
Niveau: 
secondaire général
Compétences : 
  • Construction de la personne (prendre conscience de sa personne et de celle des autres, développer un regard curieux sur le   monde)
  • Capacité d’atteindre l’autonomie morale (droit pour l’individu non seulement d’adhérer consciemment et librement aux valeurs mais encore de s’en écarter – c’est-à-dire de leur donner un autre contenu et même d’en créer de nouvelles)
  • L’engagement (fait d’agir avec cohérence en fonction de ses choix dans le cadre d’un véritable projet de vie personnelle et sociale)
  • Compétences sociales (capacité des acteurs à prendre des initiatives et des responsabilités dans la société)
  • Recherche et traitement l’information, développement d’un esprit critique. Notamment :
    • poser, se poser des questions
    • découvrir les langages utilisés par les médias (texte-son-image…)
    • prendre conscience de la complexité des messages véhiculés par les médias
    • Communication – coopération (entrer en relation avec les autres). Notamment :
      • Oser s’exprimer
      • Recourir au débat argumenté
      • S’adresser aux autres sans agressivité, les laisser s’exprimer et les écouter
      • Apprendre le sens de la nuance, se méfier des attitudes manichéennes
  • Comprendre les signes de l’expression non-verbale et leurs effets sur la communication, être conscients de leurs moyens pour la faciliter
  • Adapter la forme et le contenu du message au récepteur
  • Accepter la négociation comme valeur
  • Proposer des solutions alternatives
  • Reconnaître l’importance de l’apport de chacun au sein du groupe
  • Travailler en équipe, collaborer en vue de la réalisation d’un projet
Objectifs: 
Finalités pédagogiques :
• Comprendre la notion de subjectivité de la perception (cf. p 87 du programme de Morale).
→  Ce projet a été l’occasion pour les élèves de développer leur connaissance d’un sens à l’influence sans doute sous-estimée : l’audition.
• Comprendre les facteurs qui suscitent l’émotion (cf. p 88 du programme de Morale), le son en faisant évidemment partie.
• Découvrir une autre écoute du milieu dans lequel les jeunes vivent pour qu’ils puissent se rendre compte que cette « matière abstraite » qu’est le son à une grande importance dans notre société et que par exemple, du stress lié aux sons peut nous influencer sans que nous n’en soyons conscients.
• Apprendre à s’écouter, à donner une place à l’autre pour mieux percevoir et accueillir ce qu’il a à nous transmettre avant d’être dans la réaction et dans l’opposition.
• Améliorer leur expression individuelle et collective
• Développer chez les jeunes l'imagination, la créativité et l'esprit d'initiative. Par le jeu et l'improvisation, encourager les jeunes participants à "se dire", leur donner l'occasion d'exprimer leurs émotions et leurs réflexions autour de thématiques qui leur sont chères et de faire passer des messages (favoriser l'expression citoyenne des jeunes dans la société par la production et la diffusion d'une oeuvre audiovisuelle).
• Aiguiser leur regard sur leur environnement direct et les amener à développer un jugement moral libre et justifié sur une situation donnée.
• Mettre l'accent sur la dynamique de groupe et sur le travail collectif qu'implique la création d'une oeuvre audiovisuelle. Chaque jeune sera encouragé à se définir une place dans le groupe classe et à prendre une part active dans chacune des activités proposées durant le projet.

Mais aussi :
• Passer d’une attitude passive à une attitude active et critique par rapport aux médias audiovisuels qu’ils « consomment » quotidiennement.
• Déchiffrer et comprendre la construction de la « réalité » télévisuelle et filmée.
• Comprendre que l’objectivité n’existe plus vraiment à partir du moment où l’on place une caméra →Responsabilisation de leur prise de position face à une ou à leur image.
• Comprendre les limites et potentialités de l’outil vidéo et cinéma.
• Vivre une opportunité unique de responsabilisation, de communication et de confiance en soi notamment face aux médias.
• Mûrir une réflexion sur certaines valeurs mises en avant par le programme de morale non-confessionnelle telles que l’autonomie, la lucidité et la distanciation.

Objectifs opérationnels:
•Apprendre à observer dans une séquence cinématographique ce qu’on a pas l’habitude d’observer
•Mener de bout en bout des scènes d’improvisation originales, construites et cohérentes
•Effectuer des enregistrements sonores d’une qualité suffisante pour qu’ils soient exploitables (clairs, pas de bruits parasites,…)
•Créer une bande son non-narrative qui soit originale, construite et cohérente
•Dégager un consensus autour du scénario issu de la trame dressée par les improvisations
•Participer de la manière la plus professionnelle possible à un tournage qui se fixe pour objectif la réalisation d’un court-métrage de qualité.

Organisation matérielle: 
  • Projecteur vidéo et écran
  •  Enregistreurs H4N
  •  PC équipés du logiciel (libre) de montage de son «Audacity »
Durée: 
de nombreuses périodes de 2 X 50min. réparties de fin janvier 2013 à fin juin 2013
Education aux médias: 

Ce projet aidera les élèves à adopter une attitude d'avantage active et critique face aux différents médias audiovisuels en les amenant à découvrir plus particulièrement l'importance du rôle joué par le son dans la manière dont ils réceptionnent les médias et plus particulièrement les films (cinéma).
Plusieurs court-métrages ou extraits significatifs feront l'objet d'analyses dans ce sens avant d'inviter les élèves à passer à l'action en produisant leurs propres bandes sonores qui les inspireront ensuite dans un travail d'improvisation (jeu) autour de thématiques de société.
A travers la création finale d'un court-métrage faisant part de leurs réflexions citoyennes autour de ces thématiques, les élèves auront ainsi l'opportunité de se former aux outils d’interprétation, d’expression et de communication par les médias dont ils saisiront, à terme, davantage l'importance et les enjeux.
Enfin, à travers la projection du court-métrage réalisé dans le cadre de ce projet, les élèves auront également l'opportunité de confronter leur création (et donc leurs points de vue) à un public dont la réaction nourrira également leur réflexion et leur prise de conscience en termes d'impact et de responsabilisation médiatique (leur message a-t-il été reçu comme ils le souhaitaient? Le court-métrage a-t-il provoqué des réactions inattendues? Pourquoi? Etc…)

Développement: 
Présentation du projet aux élèves
Recueillir l’adhésion des élèves au projet n’a pas posé de grandes difficultés. Un simple présentation du projet et des films déjà réalisés par l’asbl Loupiote a permis à l’enseignant d’obtenir un vote à la quasi-unanimité. Cette adhésion a sans doute été favorisée par le fait que le courant passait bien entre l’enseignant et ce groupe-classe. L’idée de recevoir un DVD où ils pourraient se voir dans leur propre réalisation a aussi été un atout.
Séquence n°1
L’idée de pouvoir discuter d’un film avec son réalisateur a enchanté les élèves. Les questions et observations ont fusé. A tel point qu’on peut conclure que de telles rencontres pourraient constituer à elles seules des démarches d’éducation aux médias porteuses.
Séquence n°2
Les élèves ont pu laisser libre cours à leur imagination et constater par eux-mêmes à quel point la bande son d’un film influence la perception qu’on en a. La séance de questions-réponses qui s’en est suivi avec l’ingénieur son a suscité chez eux le plus grand intérêt.
Séquence n°3
Un petit peu gênés au départ d’être vus par leurs camarades, les élèves, l’enregistreur à la main, se sont vite désinhibés suite aux suggestions des encadrants. Il est à noter que pour cette partie il faut prévoir un encadrement suffisant (en plus de l’équipe de Loupiote) et donc convaincre des collègues de nous accompagner. Pour le montage, il faut disposer d’un local informatique suffisamment bien équipé (qualitativement et quantitativement). La séquence 2 avait déjà permis de donner des idées et d’acquérir certaines connaissances qui ont été mises en pratique lors de cette séance.
Séquence n°4
Après quelques exercices d’échauffement (la « claque », la « machine »,…), et grâce à la bonne humeur de l’équipe de Loupiote, les craintes de chacun se sont vite dissipées et une véritable cohésion s’est créée au sein du groupe. Dans un premier temps, l’enseignant a proposé des thèmes, soit issus du programme de cours, soit chers aux élèves. Ensuite, les émotions suscitées par les bandes son des élèves ont servi de thèmes. Enfin, le mélange de tout cela ainsi que le constat filmé de ce qui fonctionnait le mieux en improvisation a permis de dégager une trame, prémisse du scénario final qui fut adopté par consensus.
Tournage
Les élèves ont été mis en situation de tournage professionnel (« silence plateau »,timing, problématique des lumières,…) et ont adoré cela. La disposition des lieux et la cohérence avec le scénario ont permis que le tournage ait lieu essentiellement dans l’enceinte et autour de l’école. Ainsi, pendant que se tournaient une à deux scènes (en même temps), les élèves inoccupés étaient soit mis à contribution pour la régie ou l’assistance technique, soit pouvaient aller se détendre dans un autre local sous la surveillance d’une collègue.
Projection
Une première projection en « petit comité », avec la classe et quelques collègues, a déjà eu lieu afin de recueillir les impressions des élèves et recueillir leur accord pour une projection au reste de l’école.
Prolongement: 
Une projection au sein de l’école sera organisée par la classe à la rentrée afin de présenter le projet au reste de l’école.
Le court-métrage pourra être utilisé par l’ASBL Loupiote dans le cadre de ses animations futures.
Le logiciel son installé par l’asbl Loupiote (Audacity)pourra permettre à d’autres classes de découvrir le montage son les années suivantes.
Concernant les compétences du cours développées lors de ce projet, elles seront mises à profit lors du dernier cycle du cours de morale non-confessionnelle notamment au cours de la cinquième année où ils devront apprendre à problématiser la question des différents rapports au monde sous l'angle de la communication (appréhension de soi et de l'autre comme "fin") et de l'instrumentation (appréhension de soi et de l'autre comme "moyen") :
  • au monde naturel
  • au monde des personnes et au monde social
  • au monde subjectif
Par ailleurs, des compétences propres au cours de français ont également été mises en oeuvre :
  • Orienter sa parole et son écoute en fonction de la situation de communication
  • Participer à différentes situations de communication
  • Élaborer des significations
  • Utiliser des moyens non-verbaux au départ de son profil linguistique et corporel
  • Construire une relation inter-personnelle efficace et harmonieuse
  • Utiliser à l’oral des techniques de la conviction
  • Réfléchir à sa propre manière de parler, d’écouter.
⇒ Ainsi l’enseignant de cette discipline pourra donc mettre à profit ces acquis.
⇒ Enfin, la réalisation des élèves pourra être utilisée par le professeur de morale dans d’autres classes comme support de réflexion.
 
Ressources: 
  • Film « Nicolas on tour » de Christophe Istace (2002)
  • Film « Dancer in the dark » de Lars Von Trier (2000)
  • « Déconstruction et reconstruction de l’univers sonore du Soldat Ryan », de Raphael  TFE de l’IAD 2012
Note de réflexion: 
  • Faire appel à une équipe professionnelle et dynamique comme celle de l’asbl Loupiote
  • S’assurer du soutien de la direction d’établissement et de collègues
  • Se lancer avec une classe avec laquelle on se sent en confiance
  • Entamer le projet le plus tôt possible dans l’année
  • Ne pas travailler avec des élèves trop jeunes lorsqu’on adopte cette méthodologie
  • Ne pas travailler avec une classe trop nombreuse
Thèmes: 
Voir et découvrir
Analyser et comprendre
Opération liée: 
Public cible de l'activité: 
Adolescent
Médias: 
Cinéma